Réconcilier des parties de soi en désaccord pour arrêter de lutter contre soi, ou contre le monde entier …

Je n’ai pas trouvé mieux, pour vous montrer l’élégante simplicité avec laquelle cela peut se faire rapidement et ce que cela permet, que de vous offrir une expérience personnelle.

Le protocole que je vous présente aujourd’hui est un de mes préférés à proposer dans les accompagnements individuels. Il est très hypnotique, très efficace et très puissant pour vous permettre de prendre conscience de vous, tout en vous offrant un changement en profondeur.

Souvent à l’issu du travail qui se fait, il est difficile de déterminer ce qui va changer concrètement, et en même temps, cela n’est plus aussi important que ça semblait … Il y a juste à laisser faire et accueillir votre magie intérieure ; et c’est véritablement l’âme qui agit ici : la magie = l’âme agit = l’âme, c’est vous … et la magie c’est ce que vous en faites ! Vous pouvez juste vous laisser guider et vous laisser surprendre.

Certains reconnaitront l’histoire que je vais vous raconter. Elle est le témoignage d’une expérience personnelle que j’utilise pour animer l’atelier Négo des parties.

Un jour, alors que je venais de coucher ma fille, je me pose dans mon canapé et je n’ai plus l’énergie de faire quoi que ce soit, si ce n’est mettre un film et me « vautrer » là. En même temps j’ai très envie que l’immense ménage (déjà en retard, et qui ne va pas se faire tout seul) soit fait. Y penser m’épuise davantage encore que la fatigue naturelle d’une journée relativement remplie …

Je me retrouve (encore une fois) dans un dilemme : faire le ménage ou me vautrer dans le canapé ?

Ce dilemme peut vous sembler assez anodin, et simple en apparence ; pourtant, il est en réalité le pâle reflet d’anciens déchirements répétitifs bien plus importants dans ma vie. J’avais de grosses difficultés à prendre des décisions (les petites comme les grandes) et cela me bloquait de manière handicapante trop souvent. Quand ce type de situation se présentait, je me retrouvais paralysée par le fait « terrifiant » de devoir choisir ; bloquée par le fait de ne pas vouloir choisir …

Il en résultait, la plupart du temps, que du coup je ne faisais rien … Même la procrastination ça avait l’air sympa à côté de cet immobilisme dans lequel je me réfugiais.

Pire encore : il arrivait souvent qu’après un gros effort, le temps de me décider à faire quelque chose, l’opportunité était passée !

J’étais comme ça : je ratais les coches.  

Le problème très simple (et pourtant difficile) d’un conflit de parties, c’est qu’aucune des deux parties ne laisse l’autre faire ce qu’elle veut, ni aller où elle veut. Aucune des deux parties ne prend le risque de s’intéresser à l’autre, perçue comme une menace. Chacune reste focalisée sur son désir étroit, limitée par la peur de disparaitre si « l’autre » prend plus de place.

L’objectif de ce protocole est de trouver un accord entre elles qui soit gagnant-gagnant.

Tant que le conflit perdure, on se sent généralement bloqué dans son évolution, ou privé de tout confort dans son cheminement personnel.

Ici :

La partie qui veut se vautrer ne peut le faire sans se sentir coupable, et celle qui veut faire le ménage est épuisée du manque de motivation de l’autre qui traine des pieds.

Du coup, c’est parti !

COMMENT CA MARCHE ?

1 / Je dépose dans chacune de mes mains une partie (nul besoin de réfléchir ou de donner du sens, il y a juste à le faire, aussi étrange que cela puisse paraître) : dans ma main gauche la partie de moi qui veut se vautrer, dans ma main droite celle qui veut que le ménage soit fait !

Pour couper le mental, il peut être utile de donner à chacune un symbole (une forme, une couleur particulière) ; par exemple ici, un gros fauteuil posé sur ma main d’un côté et un balai qui flotte au-dessus de la paume de l’autre …

2 / J’accorde TOUTE mon attention à chacune des parties, distinctement. Quand je donne mon attention à l’une ou l’autre, elle seule existe. Je ne porte aucun jugement. Je suis juste curieuse d’aller explorer ce qu’elle fait là.

On procède comme suit :

« Que veut ce balai ? 

– il veut que je nettoie ma maison 

– nettoyer* sa maison, ça permet quoi ? 

– qu’elle soit propre 

– avoir une maison propre, ça permet quoi ? 

– de vivre dans le confort 

– (… même question à l’infini)

– avoir une vie satisfaisante – savoir qu’on a réussi sa vie – montrer une belle image de réussite – ne plus rien avoir à prouver – « comme ça ils ferment tous leur gueule » 

Bon, j’ai été la première surprise de la pensée qui m’est venue de cette manière-là. C’est tellement comme le bout de quelque chose que je décide de me contenter de ça pour l’instant.  

J’accorde ensuite l’attention à l’autre partie 

« Que veut ce fauteuil ?

– Que je me vautre là !

– Se vautrer* là, ça permet quoi ?

– De leur donner raison – comme ça « ils ferment tous leur gueule » !

*Il est à noter que le passage à l’indicatif permet de laisser le mental de côté et d’apporter juste des généralisations, des croyances, des pensées … l’objectif du protocole est d’aller explorer ce qui se joue à un autre niveau de conscience, ce qui est beaucoup plus difficile quand on a la possibilité de revenir à soi. Généraliser permet de décentrer du « JE » !

Vient alors le moment du changement de point de vue ; de l’observation à partir d’un autre niveau de conscience : tout ce que je veux, c’est « qu’ils ferment tous leur gueule » ; peu importe qui ils sont et ce dont il s’agit ; il m’apparait qu’à un autre niveau de conscience c’est une évidence … Je ne vous cache pas que je m’attendais à tout autre chose ! C’est à ce moment là que je prends conscience de moi, ça fait l’effet d’un EUREKA

L’intention dans tout ce que je fais, comme dans tout ce que je ne fais pas, c’est juste ça : faire taire la critique et les injonctions ou tout autres remarques « moi à ta place je … » « tu as pensé à … »

Une partie de moi pensait que la SEULE manière de faire taire la critique c’était de tout bien faire ; une idée totalement critiquée par l’autre partie de moi, qui elle pensait que la SEULE manière de faire taire la critique était de ne rien faire du tout ; une idée totalement critiquée par la première …

Le résultat ne pouvait qu’être décevant : aucune n’a jamais eu véritablement raison, et les deux se retrouvent critiquées constamment : JE me retrouve critiquée constamment … Par moi !

L’intention de chaque partie de faire taire la critique est bonne, mais impossible à ce niveau de conscience avec ce conflit interne qui sacralise le problème inconsciemment.

3 / A partir de ce moment-là, il n’y a plus grand-chose à faire de plus que laisser faire l’âme, l’inconscient, le corps … J’aime parler de l’âme ici car je trouve que ce protocole en particulier a vraiment quelque chose de magique.

Une intention claire ; voilà la base d’une magie qui réussit.

Arrive alors le temps d’inviter ces deux bien intentionnées parties de moi (que je pensais tout opposait) à trouver comment faire pour cheminer l’une vers l’autre. Je les laisse faire à leur manière, comme elles en ont envie. Je les invite à mettre en commun leurs compétences, leurs différentes ressources et aptitudes afin qu’elles puissent désormais marcher ensemble dans la même direction. Les mains se rapprochent naturellement l’une de l’autre. Il convient de leur laisser du temps et de ne pas chercher à brusquer les choses … Elles prennent le temps de s’organiser et de trouver des nouvelles manières de fonctionner ensembles. Vous pouvez fermer les yeux mais ce n’est pas impératif. Laissez faire ces mains comme elles veulent … Soyez juste curieux des sensations, et du moment où elles se toucheront. Une nouvelle forme apparaitra alors ; une nouvelle énergie, une nouvelle pensée ! Vous serez libre de ranger celle-ci ou bon vous semble à l’intérieur de vous !

Ce protocole a aussi de génial qu’il peut être assez rapidement utilisé de manière autonome ; néanmoins, j’insiste sur le fait que l’intérêt de se faire accompagner est d’éviter de s’enfumer ou de s’arrêter quand on rencontre une résistance ! Souvent les parties se rejoignent autour d’une valeur fondamentale telle que le bonheur, la liberté, la paix, la confiance en soi, la fierté … Mais pas toujours, voyez pour moi.

4 / ET APRES ?

Après, on se laisse surprendre tout simplement et on accueille avec curiosité.

Ce jour-là, j’ai eu un grand moment de bug. Je ne savais toujours pas si je voulais faire le ménage ou regarder la tv, mais ce n’était plus un problème … Je n’ai émis aucune critique sur moi-même, et chose étonnante, j’ai réussi à faire les deux ce soir-là, l’une après l’autre (après une négo et un temps de méditation silencieuse). En faisant le ménage je n’avais pas « juste hâte d’avoir fini », et en regardant la tv, je ne me disais pas que je pourrais faire quelque chose de plus utile et que la tv était une perte de temps. J’étais juste là, dans l’instant présent, à me foutre la paix !

Ce protocole peut s’appliquer a tout type de conflits internes.

Faire se rejoindre deux parts de soi que tout semblait opposer, c’est tout simplement un moyen de mieux se connaitre véritablement, et de mieux se respecter. On peut enfin marcher en équilibre dans une direction qui nous convient complètement !

Pour aller plus loin, voici deux questions me sont souvent posées après les ateliers :  

Et quand on rencontre une résistance ? …

Sachez seulement qu’il sera contre-productif de forcer les choses, les résistances n’aiment pas qu’on les contraignent, où alors elles adorent ça … Toujours est-il que ça les renforce ! Face à une résistance, il sera utile de trouver le moyen de l’accueillir. En lui posant des questions par exemple. Vous pouvez lui demander pourquoi elle est là et ce qu’elle veut ; en vue d’identifier le besoin qu’elle exprime.

Bref, ne la rejetez pas, ne vous démoralisez pas, ne la jugez pas … Elle a une intention positive également pour vous ! Et si ça devient trop complexe, alors il est préférable de vous faire accompagner par quelqu’un qui saura vous guider dans le processus.

Et si les parties ne se rejoignent pas ?

Les parties se rejoignent TOUJOURS ! Si pour l’instant ce n’est pas le cas, alors il faut juste reprendre et aller voir encore plus haut. Il me semble important de préciser que si une partie veut être heureuse, et que l’autre veut être libre vous devez aller chercher quelque chose au-dessus qui réunisse véritablement les deux. Le mental pourrait vouloir accélérer les choses, ou les simplifier, en disant que « la liberté apporte le bonheur » … Il s’agit là d’un jugement ; ce qui compte, ce n’est pas ce que vous vous dites !

Ce qui compte, c’est ce que chaque partie de vous a à exprimer !

L’idée n’est pas que vous tiriez une conclusion parce que « vous vous doutez bien de ce qui va arriver, vous vous connaissez » ; l’idée est justement d’aller vous découvrir là où vous ne vous connaissez pas encore complètement, d’acquérir une nouvelle connaissance de vous même que vous ne pouvez pas encore imaginer à ce niveau de conscience. Même l’idée que « le bonheur » et « être heureux » seraient la même chose est un raccourci trop hasardeux.

Prenez le temps, soyez patient et dans l’accueil. Un mot identique existe et il est important de le trouver pour que les deux parties soient assurées d’avoir été reconnues l’une par l’autre. C’est seulement comme ça qu’elles peuvent se faire confiance. Tant que vous n’avez pas intercepté le mot commun, on monte, on monte …  Jusqu’à trouver l’évidence.

Et le petit mot de la fin, empreint de mes espoirs et de mes convictions personnelles :

Il me semble que le seul chemin possible pour atteindre la paix (et je crois qu’elle est possible, c’est pourquoi je marche vers elle), c’est de commencer à faire la paix avec soi, en soi, pour pouvoir libérer de l’espace pour accueillir l’autre !

Et quand c’est difficile avec l’autre, il est toujours possible de voir quelle partie de nous ne veut pas de cet autre dans « notre monde », et de s’apaiser avec elle ! Je ne pense pas qu’il faille tout accepter, mais je pense que l’on peut tout apaiser. De cette manière, on peut refuser ce qui n’est pas bon pour nous, tout en laissant cela exister librement pour d’autres, sans qu’une quelconque animosité ne vienne inhiber la clairvoyance que la paix intérieur seule peut nous offrir !

Je vous souhaite une merveilleuse journée et vous dis à demain.

Et toujours, sentez-vous libre de témoigner de vos expériences, d’expérimenter, de poser vos questions, et de partager ce qui vous a fait du bien, qui pourra sans doute aussi faire du bien à d’autres.


3 réflexions sur “Réconcilier des parties de soi en désaccord pour arrêter de lutter contre soi, ou contre le monde entier …

  1. Merci une fois encore de me permettre d’aller à la rencontre de moi… (pour moi ça n’est pas entre le fauteuil et le ménage, mais entre sortir  »aller vers les autres » ou rester chez moi  »comme un ermite » Belle nuit à toi, fais de beaux rêves ! Je t’aime  Envoyé depuis Yahoo Mail pour Android

    Aimé par 1 personne

    1. Tente d’aller voir au bout de toi même ou celles ci se rejoignent 🙂 et si tu veux on pourra aller explorer ensemble quand on se verra, ou bien tu peux me téléphoner pour qu’on en discute ❤ Merci pour ton témoignage !

      J’aime

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