Changer un ancrage, lever l’ancre et devenir soi

Voici la définition d’un ancrage telle que je l’ai apprise : stimuli interne ou externe qui déclenche AUTOMATIQUEMENT un état interne ou une réaction comportementale.

Je vois / J’entends / J’écoute / Je sens / Je goûte > Je ressens / Je fais / Je pense …

Ce processus de généralisation est bénéfique pour développer et optimiser notre mémoire, et donc faciliter des apprentissages en permettant des liens rapides. Cependant, il peut devenir un vrai problème quand il s’étend au-delà du contexte dans lequel « l’effet déclenché » par le « déclencheur » (à un instant t) avait du sens. Il peut alors générer des croyances limitantes, des blocages inconscients, laisser des empreintes émotionnelles inconfortables …

L’ancrage inapproprié peut vraiment finir par nous pourrir la vie.

Par exemple :

  • A chaque fois qu’elle voit des décoration de noël, ça la déprime et elle a envie de pleurer
  • A chaque fois que je dois faire une présentation ou prendre la parole devant du monde, j’ai envie de disparaitre (vécu)
  • A chaque fois qu’il voit son téléphone afficher le nom de son patron, il ressent une énorme angoisse
  • A chaque fois qu’elle entend un bébé pleurer, elle a des montées de lait
  • A chaque fois qu’elle passe devant ce restaurant, elle repense à son ex et se sent mal
  • A chaque fois qu’il voit un chien s’approcher de lui, il est terrifié

Tout ça peut avoir plusieurs origines, mais aussi fort heureusement plusieurs « comment » changer. La thérapie vous aide à trouver ce qui sera le mieux adapté pour vous et le plus efficace. L’idée n’est pas de tout essayer, cela fait généralement perdre du temps (et renforce la croyance inconsciente que le problème est surement trop gros pour être résolu) ; l’intérêt d’être accompagné par un thérapeute, c’est qu’il saura écouter vos mots, votre langage (verbal ou non verbal), vous poser les bonnes questions et de vous proposer des solutions et des protocoles pertinents, adaptés à votre besoin.

La technique que je vous présente aujourd’hui est très simple et très rapide.

La seule complexité de cette approche sera de clarifier la situation pour vous assurer que changer d’ancre n’aura que des conséquences positives pour vous, et d’identifier les intentions positives qui ont généralisé le « raccourci » dont il est question, afin de garder les ressources avant de changer la réponse au stimuli.

COMMENT CA MARCHE ?

Le processus est très simple : il part du postulat que le cerveau ne peut pas ressentir deux choses exactement au même moment. Parfois on a l’impression que c’est le cas, car les pensées s’enchainent simultanément à une vitesse qui ne donne pas le temps de voir les pensées dissociées l’une de l’autre. Si on étirait le temps, on pourrait alors voir des pensées qui s’enchainent l’une après l’autre.

1 / Ancrer la sensation dérrangeante ; penser à la scène devrait suffire à la retrouver. Ne cherchez pas à l’amplifier, l’important est juste de prendre conscience qu’elle existe, et de l’associer à un endroit précis (soit de votre corps, soit dans l’espace ; vous pouvez par exemple l’ancrer en posant vos doigts sur un genou ou une cuisse, ou en posant vos doits sur une table ou un support devant lequel vous êtes installé). Quand vous avez associé la sensation négative à un point précis de votre corps ou d’un support que vous touchez, vous relâchez et on passe à l’étape suivante

2 / Ancrez ce que vous voudriez ressentir à la place. Par exemple, si vous recherchez de l’apaisement, vous pouvez vous remémorer une situation dans laquelle vous vous sentez parfaitement apaisé, ou choisir plusieurs situations qui vous ont fait ressentir un grand apaisement et vous ancrez tout ce dont vous avez besoin, en posant vos doigts sur un autre point précis de votre corps ou du support (vous ancrez l’une après l’autre chaque situation si vous en avez plusieurs). Vous pouvez choisir des situations vécues ou espérées ou à venir ; le cerveau ne faisant pas de différence entre ce qui est réel et ce qui est pensé, vos sensations seront vraies quoi que vous ameniez comme souvenir, même les plus surréalistes. Vous savez ce que vous recherchez et c’est ça qui est important ici.

3 / Testez les ancres pour constater que votre esprit à bien associé l’ancre à l’état à ancrer.

4 / Idéalement, fermez les yeux (mais vous pouvez aussi les garder ouvert, faites ce qui est bon pour vous). Projetez-vous dans la scène initiale qui génère la sensation à l’origine de ce qui vous apparait « désagréable », ou inapproprié. Quand vous y êtes, activez les deux ancres en même temps. Il se passe comme un bug même si vous ne vous en rendez pas totalement compte. Il se peut que vous preniez conscience du bug, laissez-vous surprendre. Accueillez ce qui se passe. Ensuite, lâchez lentement l’ancre « désagréable » et restez un temps à maintenir la nouvelle ancre tout en restant dans la scène projetée.

Restez là et appréciez l’expérience.

5 / Ouvrez les yeux, bienvenue au nouveau Vous !

Deux exemples pour ceux qui veulent aller plus loin

Une cliente vient me voir. Elle déteste noël, voir des sapins, des vitrines décorées, des père noël qui disent « hohoho », c’est horrible pour elle. Suite à un traumatisme vécu petite, elle déteste cette fête qui la ramène instantanément à sa tristesse.

Ce qu’elle aimerait ressentir ? De l’indifférence.

Je lui propose d’ancrer sur une jambe ce qu’elle ressent à l’idée même de ce qui déclenche sa tristesse, sur l’autre jambe (et parfois il faut chercher un peu), plusieurs scènes qui lui procurent de l’indifférence paisible. Une au travail (elle l’ancre), une imaginée (elle l’ancre au-dessus) et une ou deux autres dont je ne me souviens pas. Elle empile les ancres.

Ensuite je lui demande de s’imaginer devant une vitrine avec un grand sapin, un père noël, des grelots et de la musique de noël … Et je l’invite à activer les deux ancres. Entre le moment où elle pense à la scène et le moment où elle active les ancres, j’observe que son visage a déjà changé et son expression est plus « neutre ». Puis je lui demande de lâcher l’ancre « désagréable » et je vois son sourire apparaitre. Je la laisse apprécier cela un moment avant de l’inviter à ouvrir les yeux quand elle se sentira prête.

A la sortie de l’expérience, elle me dit avoir hâte de voir une vitrine car elle est curieuse de ce qu’elle va ressentir. Cette curiosité était impensable quelques minutes plus tôt ; nous savions toutes les deux ce que l’idée même d’une vitrine déclenchait chez elle.

Le deuxième exemple que je suis heureuse de vous partager, c’est le miens.

D’aussi loin que je me souvienne, je n’avais jamais aimé la prise de parole en publique. Faire une présentation ou un exposé a toujours été un supplice pour moi (et ça me semble peu de le dire)

J’en ai séché des cours pour éviter de m’infliger ça.

Ça m’a toujours donné envie de disparaitre ; au collège, je m’arrangeais pour que ce soit les autres qui parlent, la partie préparation me plaisait en revanche. Et puis il y a eu le lycée ; j’ai dû m’en sortir pas trop mal car je n’ai pas de souvenir chargé émotionnellement. A la fac, c’est devenu terrible parce qu’il fallait en faire, des prises de parole devant le groupe.

Je me souviens en particulier du jour d’une présentation où je suis entrée, et quand j’ai vu tout le monde je suis directement ressortie. Il m’est aussi arrivé de dire que je n’avais rien préparé et j’acceptais sans gêne le zéro proposé, alors que tout était dans mon sac. Et puis j’étais abonnée aux rattrapages « quoi qu’il arrive », parce que je séchais tous les exams oraux que je pouvais, sachant que le rattrapage était à l’écrit … Après la licence, c’était évident que ma stratégie ne fonctionnerait plus alors j’ai choisi de tout arrêter.

Il ne s’agissait pas d’un « petit trac » ou d’une banale peur de prendre la parole. J’avais l’impression que ma vie se jouait, et que quitte à mourir, je voulais que ça aille vite ! J’étais la petite fille qui allait se prendre la raclée de sa vie si elle faisait la moindre erreur, tant sur le fond que sur la forme.

J’aurais pu passer ma vie à me demander pourquoi j’avais si peur, étant donné que chez moi j’ai plutôt été encouragée à m’exprimer. J’ai subi quelques humiliations en CP, mais à priori cela n’avait rien à voir … Bref, quand on cherche, on peut toujours trouver quelque chose. Si ce qu’on veut c’est régler un problème, ce n’est pas toujours une stratégie pertinente.

Arrivée en formation de PNL, j’ai 27 ans. J’apprends plein de choses fascinantes jusqu’au jour où j’apprends qu’on peut se libérer d’un ancrage nuisible.

La formatrice me propose de venir pour la démonstration … et j’accepte.

En arrivant là je me demande pourquoi j’ai accepté et je ressens cette sensation affreuse monter. Tant qu’elle parle et ne me demande pas de parler, ça va encore, je ressens « seulement » de l’appréhension.

Elle me demande alors s’il existe une expérience qui se prête à l’exercice, et là j’ai envie de partir, je peine à lui dire que j’ai envie de disparaitre. Je n’ai pas le temps de parler beaucoup qu’elle a déjà ses doigts sur mon épaule, l’émotion ancrée : on ne pouvait pas la rater.

Elle me demande ensuite s’il y a des situations dans lesquelles je suis devant des gens, et je ne me sens pas en danger ou jugée. Je pense à des moments avec mes copines. Je sais qu’avec elles je peux être moi-même, elles ne me jugent pas et je me sens particulièrement à l’aise même quand je dis des choses qu’il ne faut pas. La formatrice ancre de l’autre côté.

On teste les ancres (vraiment, testez : c’est rigolo ! Quand elle touche mon bras gauche j’ai envie de mourir, quand elle touche mon bras droit je me sens bien) … C’est assez impressionnant (même léger).

Elle me demande ensuite de fermer les yeux et de me visualiser où je suis avec les personnes qui sont devant moi, elle active les deux ancres. Et elle lâche l’ancre désagréable. Je sens instantanément qu’il se passe quelque chose. Quand j’ouvre les yeux, je me sens « confortable » ! Et pour moi c’est déjà énorme.

L’avantage de se faire accompagner, c’est aussi d’aller au bout de ce qu’on est en train de faire, car le thérapeute décode et questionne ce qu’on lui donne à voir. J’imagine que seule, je me serais contentée de ce « confortable » inespéré quelques minutes plus tôt.

Quand elle me demande, je lui dis que c’est chouette, que je me sens beaucoup plus à l’aise.

Elle me propose d’aller plus loin et me demande s’il existe une situation dans laquelle je suis encore plus à l’aise, si je peux penser à une autre expérience. Donc je prends autre chose, une scène en particulier avec mon frère.

Le processus est le même : on active la nouvelle ancre et on en créer une troisième.

Je ferme les yeux, je me projette, et j’ouvre les yeux.

Cette expérience à littéralement changé ma vie ! J’ai eu la sensation de me réveiller d’un cauchemars.

J’ai été émerveillée de ce que je voyais et ressentais. Ma première question a été « c’est ça, la vie en vrai ? ». Je pouvais me tenir devant des gens que je connaissais peu et me sentir bien, même heureuse d’être là ? Et cette envie de disparaitre a définitivement disparu.

Depuis j’ai animé des meetup et ateliers, des groupes … J’ai le « trac » à chaque fois mais je peux le faire et j’aime le faire. Ca change tout !

C’est ce jour-là, à ce moment précis, que j’ai su ce que je voulais faire de ma vie …

J’étais déterminée à aider toutes les personnes qui en ressentaient le besoin à se libérer de leurs blocages. Je voulais donner au monde de ce que je savais ! Moi qui quelques minutes plus tôt ne pensais pas être un jour capable d’être à l’aise devant des « gens » (et les soirées d’ivresse, ça ne compte pas).

Je suis passée de « je suis désolée d’exister » à « plein de gens ont besoin de ce que j’ai appris, je sais que je peux les aider à sortir de leur enfermement mental ».

J’avais quelque chose à donner, et il était temps que j’œuvre plutôt que de me cacher. Et depuis, cette détermination ne fait que grandir et balaie les peurs devant moi (même si parfois, il faut gratter un peu).

Voilà …

Pour moi il n’y a aucun doute sur le fait que la thérapie brève peut vous libérer de tout type de blocages qui vous empêchent d’être vous-même parfaitement parfait ! Les exercices que je vous propose ont fait leurs preuves. Je suis bien placée, en temps que thérapeute mais aussi en temps que sujet, pour en témoigner.

Je vous souhaite de vivre vous aussi de merveilleuses expériences transcendantes, et de découvrir ces outils fabuleux de développement de l’être.

Ne cessez jamais de vous rapprocher de vous même, pour découvrir sans cesse à quel point vous êtes fabuleux ! Emerveillez vous de ce que vous pouvez créer …

Et merci la vie !

Belle journée à tous.

J’ajoute un lien vers une musique que j’ai découvert hier,

et dont le message et l’intention me réalignent instantanément …

Un bel ancrage qui vient de se créer :

J’entends > je sens et ma journée s’illumine de sens !

J’espère que ce partage illuminera aussi la votre ! C’est ici ❤


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