Marcher vers sa peur

Comme pour tout ce que l’on souhaite éradiquer définitivement de sa vie, la première chose à faire est d’identifier l’intention positive de sa peur. Les parts de soi que l’on « chasse » reviennent toujours plus puissantes pour assurer leur fonction. Il convient donc, quand une partie de nous nous fait souffrir, de lui accorder de l’attention afin de l’inviter à partir, ou l’aider à changer pour se faire une belle place en nous.

« Il ne faut pas avoir peur » ; ne dit-on pas que la peur n’évite pas le danger ?

Et pourtant, si nous n’avions aucune peur, combien de fois nous serions nous mis dans une situation que la peur nous a permis d’éviter ? Serions-nous là pour en parler ? Pensez à tous ces accidentés des challenges lancés sur les réseaux sociaux, qui se mettent en danger pour un selfie ou une vidéo qui repousse toujours les limites. Pensez aux fois ou vous avez fui une personne toxique pour vous. Pensez aux fois ou vous avez résisté à une tentation qui aurait pu vous coûter cher.  

Si la peur n’évite pas le danger, elle nous permet de nous en éloigner ; de l’affronter en conscience, sans le sous-estimer ; ou de trouver une stratégie pour que le danger s’éloigne de lui-même (se figer, se cacher) … C’est à cela que sert notre instinct de survie, et notre peur est l’émotion qui permet de l’activer. Alors un peu de reconnaissances sur cette part de vous que vous détestiez tant, jusqu’à aujourd’hui !

Certes, il est vrai que dans certains contextes elle est insupportable ou inappropriée, mais vous avez appris un jour qu’avoir peur était la réaction qui convenait à ce type de contexte ! Et comme votre cerveau généralise et fait des raccourcis ; comme ce qui vous sécurise par-dessus tout, ce qui rend votre modèle du monde convenable, rassurant, fiable et stable, car connu, c’est d’avoir raison ; comme vous passez votre vie à conforter vos croyances en filtrant votre réalité avec vos sens, eux même biaisés par vos expériences passées … Et bien avoir peur est plus rassurant et plus confortable que d’avoir tords sur votre croyance du danger. C’est pareil pour tout le monde !

Soit vous ressentez le danger « comme s’il était inévitable », et votre peur est logique (par exemple, suite à un traumatisme, vous avez conscience d’un danger potentiel et imprévisible).

Soit, vous avez conscience que votre peur est irrationnelle et disproportionnée et il s’agit alors d’une phobie. Néanmoins, aussi « étrange » et ridicule puisse-t-elle paraître, une phobie est une peur on ne peut plus sérieuse. Et plus on y pense, plus elle prend de place. Malheureusement nous ne sommes pas sensibilisés au sérieux de cette peur, et souvent, nos proches ne peuvent s’empêcher d’en rire, parfois en nous y confrontant pour le plaisir, dont la gêne nous empêche de poser nos limites.

Je me souviens d’une cliente qui avait bloqué des gens de son école sur facebook, car ils s’amusaient à l’identifier sur toutes les photos d’araignée qu’ils voyaient. Elle en pleurait !

Aujourd’hui, il est temps d’actualiser votre apprentissage. Il est temps de redonner un peu de place à votre peur, un peu de valeur aussi, et un peu de reconnaissance !

Bien souvent, une phobie s’en va définitivement au bout d’une seule séance en cabinet (bien souvent, c’est pour dire dans 99% des cas, afin de laisser place à la possibilité qu’une intention positive nous invite à mettre le nez sur autre chose. Mais généralement, en isolant l’intention positive, l’inconscient actualise que la peur n’est plus le comportement approprié à déclencher).

Une phobie de l’avion, des araignées, des bêtes, des légumes, des insectes, du noir, des gens, des lieux clôt, de la route, des oiseaux (…) disparaît en une séance ! Vraiment, ne restez pas une minute de plus avec une peur qu’une heure (à peine) peut suffire à vous libérer.

Pour les enfants, c’est encore plus rapide quand l’enfant est déterminé à se libérer de sa peur (y compris des phobies scolaires) ! La seule « complication » qui fera ralentir le processus sera le jeu psychologique inconscient qui aura été mis en place avec un parent. Si l’enfant a plus d’intérêt à garder sa phobie qu’à s’en débarrasser, elle ne partira pas aussi rapidement, sauf à en identifier l’intérêt. Par exemple : dès que l’enfant doit aller se coucher, sa peur du noir fait que papa ou maman reste avec lui jusqu’à ce qu’il s’endorme. Souvent l’enfant attire, avec ses peurs, l’attention de ses parents, leur inquiétude aussi. Je préfère donc recevoir l’enfant 2 fois, et une première fois avec ses parents. Si la phobie s’en va du premier coup, la deuxième séance sera annulée quelques jours avant le rendez-vous prévu.

Voici une manière de marcher vers sa peur qui fonctionne bien :

On observe, dans l’accueil et sans jugement (c’est peu de le répéter) sa peur, et la première image qui apparait quand on pense à elle. Ce peut être une personne, une forme, une ombre, un monstre, une image ou une scène de vie … Vous regardez cela en sachant que vous êtes en sécurité, vous pouvez vous entourer d’alliés imaginaires si cela vous aide! Ensuite, quand vous vous sentez suffisamment confiant, avancez vers cette peur comme pour voir ce qui vient juste derrière elle. Comment, en avançant vers elle, cette image évolue ? Comment elle se transforme, ou laisse place à une seconde image ? Puis vous allez voir derrière cette nouvelle image ; puis vers celle qui vient ensuite !

A un moment, l’image n’évolue plus, vous arrivez à la forme principale qui est l’essence de votre peur. Observez là sans jugement, et prenez un temps pour la découvrir.

Demandez-lui ce qu’elle veut, de quoi elle a besoin ? Demandez-lui comment VOUS pouvez l’aider ? Et passez un moment à vous intéresser à elle. Il est possible que personne ne l’ait jamais fait auparavant, et juste cela suffit déjà à lui faire du bien!

Après un temps, laissez-la vous remettre un cadeau. Ce cadeau représente votre force intérieure !

Vous allez ensuite cheminer vers ce cadeau dans votre vie de tous les jours. A partir du moment où vous le trouverez, c’est toute votre vie qui va se trouver transformée.

Votre peur étant accueillie, elle ne vous traque plus pour vous faire entendre ce qu’elle a à vous dire ; elle vous fait confiance et vous missionne de partir en quête de quelque chose qu’elle à toujours souhaité vous montrer : votre force intérieure.

Et un jour, vous le trouvez ! Ca peut être rapide, ou prendre un certain temps.  

L’autre manière consiste à retourner dans le temps, à la recherche de la toute première fois ou l’émotion associée à la phobie en question est apparue (la scène sur laquelle vous revenez a, ou n’a peut-être rien à voir (à priori) avec la phobie en question). Quand vous trouvez cette origine, on vous enlève l’épine du pied ! Observez ce qui a manqué, identifiez le besoin non satisfait, et répondez-y en utilisant vos ressources d’aujourd’hui (on peut même aller plus loin en mobilisant les ressources que vous n’avez pas encore acquis, par exemple la confiance en soi si vous avez le sentiment d’en manquer). Ensuite, laissez-vous surprendre par l’évolution de cette peur dans le temps jusqu’à votre retour à vous, riche des nouvelles perceptions que vous vous êtes offert en faisant cet exercice.

Voilà, en espérant avoir de vos nouvelles !!!

Je vous souhaite de belles découvertes, de VOUS !

A demain !

N’hésitez pas à partager ❤


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